Se déplacer entre MRC en transport collectif : un défi de taille

(Photo archives)
(Photo archives)

Demeurer à Repentigny, L’Épiphanie, ou ailleurs dans la MRC de L’Assomption et se rendre quotidiennement à Terrebonne pour les études ou le travail; cela a du sens sur papier. Une vingtaine, voire une trentaine, de minutes de voiture matin et soir. Raisonnable. Or, lorsqu’on dépend du transport collectif pour effectuer ces déplacements réguliers, la réalité devient tout autre.

Tout comme l’étudiante Léa Saint-Georges, plusieurs jeunes et travailleurs dépendent du transport en commun pour se déplacer et répondre à leurs obligations jour après jour. Mais, une question se pose. Selon la destination, le transport en commun est-il toujours une option?

L’Hebdo Rive Nord a fait l’exercice de simuler des trajets réalistes au départ des municipalités de la MRC vers des villes avoisinantes. Le constat est frappant. Des distances parcourues en moins de 30 minutes en voiture peuvent s’étaler sur plus de deux heures en transport collectif, en plus d’exiger la plupart du temps plusieurs transferts de circuits.

Prenons l’exemple de Léa Saint-Georges. L’étudiante demeure à distance de marche de l’arrêt d’autobus situé au coin du boulevard Iberville et de la rue Jacques-Plante, à Repentigny. Si elle souhaitait étudier à Terrebonne, un seul départ journalier lui permettrait de parcourir le trajet en moins de deux heures, soit celui de 7 h 19, dont la durée est estimée à 1 h 13. Ce trajet exige de prendre trois autobus différents.

Tous les autres départs en matinée s’étalent sur plus ou moins deux heures et demandent d’emprunter de trois à quatre circuits différents. Au départ de L’Assomption, le trajet en autobus vers Terrebonne dure entre 1 h 30 et 2 h. À partir de L’Épiphanie, il faut compter 2 h 30. Le constat est semblable pour les résidents de Saint-Sulpice.

Une question financière

Questionnée sur les enjeux qui freinent de potentiels usagers à faire le saut vers le transport collectif, l’organisation de transport exo répond : « Nous sommes conscients que les déplacements entre certaines villes et MRC de Lanaudière, notamment entre Repentigny, L’Assomption et Terrebonne, peuvent nécessiter des correspondances et entraîner des temps de déplacement plus élevés. Cette réalité est prise en compte dans nos analyses ainsi que dans la planification de notre réseau. À terme, notre objectif demeure de renforcer les liens de déplacement entre les municipalités et les MRC, notamment sur les axes est-ouest, afin de faciliter les déplacements et de réduire le nombre de transferts. Toutefois, le contexte financier actuel limite nos marges de manœuvre et ne permet pas, pour le moment, le déploiement de nouvelles liaisons en ce sens ».

Collaboration entre organismes

Pour se rendre à Joliette, le mal est moindre. Des trajets d’une quarantaine de minutes à une heure, avec un seul transfert, sont proposés dans la plupart des municipalités de la MRC de L’Assomption, durant les heures de pointe.

L’organisation explique : « exo travaille en collaboration avec les autres organismes publics de transport collectif afin d’assurer un arrimage entre les différents réseaux et de faciliter les déplacements nécessitant l’utilisation de plusieurs services. Lorsque cela est possible, nous cherchons à optimiser les correspondances et les temps de parcours ».

De plus, exo assure que des efforts sont constamment déployés pour améliorer le service offert, notamment pour la clientèle étudiante qui représentait 47 % des usagers dans le secteur Terrebonne-Mascouche et 33 % dans le secteur L’Assomption en 2025. « Vingt-et-une lignes d’autobus distinctes d’exo desservent 10 établissements d’enseignement postsecondaire dans Lanaudière », souligne d’ailleurs exo. Ces circuits ont pour la quasi-totalité enregistré une hausse de l’achalandage entre 2025 et 2026, de rapporter l’organisme de transport.

Des améliorations pour l’été 2027

Enfin, pour l’année en cours, exo reconnaît que les possibilités de bonification du service actuel sont limitées, et ce, en raison du contexte financier, principalement. « La refonte des réseaux d’autobus de Terrebonne et de L’Assomption, prévue pour l’été 2027, permettra pour certaines lignes de réduire les temps de déplacement et d’offrir des liaisons directes vers les cégeps », assure-t-on toutefois.

Articles les plus consultés

Le TGV Alto pourrait morceler les terres de l'agriculteur de Repentigny, Guillaume Alary. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Actualités

TGV Alto | Les voix s’élèvent dans Lanaudière

Le Conseil régional de l'environnement et la Fédération de l'UPA de Lanaudière demandent plus de transparence dans le projet Alto.
La municipalité souhaite aménager un parc riverain afin de redonner l'accès au fleuve aux citoyens et de revitaliser son centre-ville. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Actualités

Saint-Sulpice | Le récréotourisme, une question de survie?

Alors que la quasi-totalité de son territoire non agricole est bâti, Saint-Sulpice explore la piste du récréotourisme pour se développer.
Voici les priorités de Nicolas Girard . Crédit photo Médialo Pierre Chartier.
Actualités

Les grandes priorités de Nicolas Girard

Le premier grand enjeu que veut régler le ministre Girard est celui de la congestion sur le réseau de transport.