Au bord du précipice | L’histoire de Rachel Sawyer

  • Publié le 19 nov. 2025 (Mis à jour le 19 nov. 2025)
  • Lecture : 3 minutes
En plein deuil, Rachel Sawyer a perdu sa maison du jour au lendemain. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
En plein deuil, Rachel Sawyer a perdu sa maison du jour au lendemain. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

L’histoire de Rachel Sawyer est un bon exemple des nouveaux enjeux d’itinérance qu’on rencontre aujourd’hui. La sexagénaire de Saint-Calixte a vu sa vie basculer du jour au lendemain. Elle n’avait peut-être jamais vécu dans le luxe, mais elle avait toujours eu un toit sur la tête et suffisamment d’argent pour subsister. Or, la perte de son conjoint l’a mise sur la corde raide; la plaçant à maintes reprises à un cheveu de la rue.

Tout commence lorsque le conjoint de Mme Sawyer est diagnostiqué d’un cancer généralisé il y a quelques années. Sa santé décline rapidement et son décès marque le début du cauchemar de Rachel Sawyer.

Malgré une quarantaine d’années de vie commune, la maison qu’habite Mme Sawyer est au nom de son conjoint. Aucun papier légalement homologué n’existe pour la protéger. Si bien que sa belle-famille réquisitionne la maison et tous les biens qui s’y trouvent. « Je ne connaissais pas les lois. C’était vague dans ma tête », dit celle qui était alors atterrée par le départ de son amoureux.

Tout perdre

Sous la menace, la veuve quitte en vitesse avec quelques biens seulement. « À ce moment-là, je suis dans la rue avec le camion », se souvient-elle. Elle n’a nulle part où aller et, même dans sa municipalité rurale, le prix des loyers dépasse ce qu’elle peut se permettre avec ses maigres économies. Récemment opérée pour le cœur, la santé de Rachel Sawyer est fragile et restreint sa capacité à travailler.

Avec l’aide de son frère, elle parvient à convaincre un propriétaire de lui accorder une chance. Elle vide ses comptes en banque pour acquitter le dépôt de sécurité et un mois de loyer. Mais, elle n’a rien devant elle pour les mois suivants. Quand elle rencontre Cindy Hébert, technicienne en travail social de l’Équipe spécialisée en itinérance de Lanaudière (ÉSIL) au CISSS de Lanaudière, Mme Sawyer est à nouveau au bord de la rue. Son loyer est impayé depuis cinq mois.

Rachel Sawyer et son intervenante Cindy Hébert. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

« Elle avait une date de cour pour passer [au Tribunal administratif] du logement. Elle n’avait pas été en mesure de faire toutes les démarches administratives pour aller chercher la pension vieillesse, la rente de la survivante […] Elle était en deuil, elle avait perdu son conjoint, sa maison. Elle était en dépression, elle vivait de l’anxiété paralysante. Elle n’était plus fonctionnelle », décrit Mme Hébert.

« Ton conjoint te meurt dans les bras, tu n’as pas le temps de penser et tu te ramasses sur le trottoir », renchérit Rachel Sawyer. La lourdeur administrative des démarches à faire pour recevoir son dû et les bâtons dans les roues que lui mettait la belle-famille l’immobilise.

Rétablir l’accès aux services

En effet, son départ précipité de la maison la prive des papiers nécessaires, que la famille du défunt refuse de lui remettre, pour toucher les différentes rentes et pensions auxquelles elle a droit. Cindy Hébert, dont le mandat à l’ÉSIL est notamment d’accompagner les personnes à risque de situation d’itinérance ainsi que celles en rupture avec les services, arrive juste à temps. En plus de l’aider à obtenir une subvention suffisante pour payer sa dette de loyer et échapper à la rue, Cindy Hébert a redonné l’espoir à Mme Sawyer.

« Avec le vécu que j’ai, ce n’est pas ma place dans la rue. Pas malade comme je le suis », lance celle qui admet avoir eu des idées noires lorsque son monde s’est écroulé. Même si,  après plus d’un an de démarches, sa situation est stabilisée et qu’elle peut enfin commencer à faire son deuil, Rachel Sawyer soutient qu’elle vit encore de l’insécurité. Elle comprend maintenant que personne n’est jamais vraiment à l’abri du pire.

 

 

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