La Hutte | Une main tendue vers l’avenir

  • Publié le 19 nov. 2025 (Mis à jour le 19 nov. 2025)
  • Lecture : 4 minutes
Sébastien Lefebvre, Samuel Long et Cédric Prévost. (Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
Sébastien Lefebvre, Samuel Long et Cédric Prévost. (Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Les profils rencontrés en itinérance sont variés, mais les gens qui la vivent ont souvent en commun leur passage dans une ressource d’hébergement. Cette étape plus ou moins longue peut jouer un rôle déterminant sur la suite de leur parcours. Dans la région de Lanaudière, La Hutte ouvre les bras à ceux qui ont besoin d’un toit, à Joliette et à Terrebonne. L’organisme possède également une maison à Saint-Jérôme. L’Hebdo Rive Nord a visité l’installation de Terrebonne.

« On est toujours complet », affirme Samuel Long, coordonnateur clinique à La Hutte de Terrebonne. Le centre d’hébergement qui reçoit principalement de la clientèle en provenance de Terrebonne, Mascouche, Repentigny et L’Assomption met 60 lits à la disposition des gens dans le besoin. Six de ces lits se trouvent dans le dortoir, destiné aux besoins ponctuels à la nuit. Le reste de la maison accueille des personnes en situation d’itinérance qui s’engagent dans différentes démarches de reprise en main à court, moyen et plus long terme.

« Les grands utilisateurs des services de dortoir, ce sont souvent les profils plus chronicisés, qui ont souvent eu de mauvaises expériences dans les services d’hébergement dans le passé, donc on essaie de créer le lien […] de les accompagner à sortir de ce mode de vie », poursuit le coordonnateur.

« L’itinérance, il y en a très très peu qui vont l’utiliser comme mode de vie. Parfois, c’est dans l’imaginaire que les gens sont itinérants par choix et qu’ils aiment ça », lance à son tour Cédric Prévost, intervenant au sein de l’Équipe spécialisée en itinérance (ÉSIL) du CISSS de Lanaudière.

Un enjeu à aborder de plusieurs fronts

M. Prévost travaille en collaboration avec La Hutte et il est à même de constater que les gens veulent la majorité du temps s’en sortir. Seulement, ils n’ont pas toujours les outils pour y parvenir. Samuel Long décrit pour sa part Cédric et l’ÉSIL comme des partenaires essentiels pour accompagner la clientèle en itinérance. « Le phénomène de l’itinérance est vraiment multifactoriel. On accueille des gens de tous azimuts, qui ont des besoins à la fois complexes et variés. Ça nous prend des partenaires pour arrimer les services nécessaires pour la personne », explique-t-il.

L’ÉSIL aide ainsi les usagers à accéder aux services dont ils ont besoin, notamment pour leur santé physique, mentale ou encore leurs enjeux de toxicomanie. « Parfois, les services sont acceptés d’un coup, mais d’autres fois, je fais juste me présenter; présenter les services. L’idée fait son chemin et la personne finit par revenir vers moi », décrit Cédric Prévost.

Plus qu’une question de volonté

Surfer les vagues et affronter leurs creux avec les usagers ne semblent effrayer ni Samuel Long ni Cédric Prévost. Cette réalité fait partie de leur quotidien. Et surtout, ils croient profondément en l’humain derrière la détresse. L’histoire de Sébastien Lefebvre le démontre bien. Aujourd’hui pair aidant à temps plein à La Hutte de Terrebonne, Sébastien a connu des hauts et beaucoup de bas avant de s’en sortir.

Il avait un appartement et un emploi avant que tout dérape autour de 2021. Cependant, sa consommation de drogues et d’alcool en escalade lui fait tout perdre, jusqu’à la garde de sa fille. « J’ai appelé la dame de la DPJ, je lui ai dit que je ne pouvais plus voir ma fille, parce que je n’avais plus d’endroit où rester », se remémore-t-il. Alors résident de Sainte-Adèle, on le conduit dans un hébergement de Saint-Jérôme où il ne peut demeurer que la nuit. « On se faisait mettre dehors tous les matins. C’était l’hiver en plus », se rappelle-t-il au sujet de cette période difficile.

Lorsqu’il entend parler de La Hutte de Terrebonne, qui offre plus de services, il demande d’y être transféré. Sébastien Lefebvre sait au fond de lui qu’il a besoin d’aide et surtout qu’il souhaite une meilleure vie. Lentement, mais sûrement, il fait son chemin. Mais, ses problèmes de consommation encore présents l’empêchent d’aller au bout de ses démarches. Il résume quelques-uns de ses déboires : il se fait expulser du centre, car il consomme sur place; il y revient, puis décide de requitter; il fait un retour aux études; on lui montre la porte pour état d’ébriété. « Je prenais des outils, mais je n’étais peut-être pas encore prêt à changer », comprend-il maintenant.

Pour ne jamais oublier

C’est finalement une cure de désintoxication, qu’on lui suggère avant qu’il quitte La Hutte qui lui permet de vraiment sortir la tête de l’eau. Au terme de celle-ci, il retrouve sa place au centre et termine sa formation à l’école. « Depuis ce temps je suis sobre. Ça va faire 20 mois », annonce-t-il fièrement. Sébastien s’est également trouvé un logis où il accueille sa fille une fin de semaine sur deux.

Et, bien qu’il ait son diplôme de soudeur en poche, c’est à La Hutte qu’il a décidé de faire son retour sur le marché du travail. « J’aime aider les gens, mais la raison de base, c’est que je voulais me souvenir d’où je venais. Je ne voulais pas perdre tous les acquis que j’ai eus pendant que j’étais ici », confie-t-il.

Un échange à la fois, il s’efforce de répandre un brin de lumière sur les pensées, qu’il sait pouvoir être très sombres, chez ceux qui empruntent la route par laquelle il est passé. « Quand j’étais ici, je ne voyais pas vraiment le bout. Les gens ici avaient plus foi en moi que moi-même », garde en tête celui qui se fait désormais la mission d’insuffler l’espoir d’une vie meilleure qui les attend aux usagers de La Hutte.

 

 

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