Vivre d’une tente à l’autre

(Photo Médialo - Marie-Christine Gaudreau)
(Photo Médialo – Marie-Christine Gaudreau)

Lors du dernier dénombrement des personnes en situation d’itinérance, la principale raison évoquée par les Lanaudois interrogés pour la perte de leur dernier logement était les problèmes de consommation (40%). Venaient ensuite l’expulsion, pour loyer non payé par exemple, et le conflit avec une personne autre qu’un conjoint; un parent ou un colocataire notamment. Nathaniel, jeune Joliettain âgé de 21 ans, a pris cette trajectoire. Ses enjeux de consommation l’ont amené à devoir quitter la résidence familiale. Il a vécu à la rue durant quelques semaines l’été dernier.

Dans la dernière année, Nathaniel raconte avoir fait plusieurs allers-retours entre le domicile de sa mère, la rue et les appartements de certains amis. Lorsque le chômage qu’il recevait s’épuise, l’option des amis ne devient plus possible; il n’est plus en mesure de payer. Il retourne chez sa mère, mais celle-ci finit par lui montrer la porte. « C’est à cause de la drogue », reconnaît Nathaniel.

Sans autre option, le jeune homme prend le chemin de la rue. Son plus long épisode d’itinérance visible, en campement, dure environ deux semaines. Deux semaines durant lesquelles il est confronté à de multiples péripéties. Nathaniel en parle néanmoins avec beaucoup de résilience. Jeune et débrouillard, il compose sans trop de mal avec ce mode de vie atypique.

Mais, il n’est pas dupe; c’était l’été et les conditions étaient favorables. « Je n’aurais pas fait ça en hiver ça l’air trop  »tough » », dit-il. Déjà en août, ses journées à l’extérieur étaient mouvementées. En deux semaines, il a dû changer de campement à trois reprises. Si le premier était bien organisé, Nathaniel s’est quand même résolu à le quitter puisqu’il était fréquemment visité par les policiers.

Son 2e campement est ensuite la proie d’indésirables : « J’avais ramené de la nourriture […] des ratons avaient fait des trous dans ma tente ». Leur présence persistante pousse Nathaniel à passer la nuit debout jusqu’à l’épuisement. « Ils revenaient tout le temps. J’ai fini par aller me coucher dans un parc. »

Malgré tout, il ne baisse pas les bras. Il quête et vole même parfois pour réussir à se nourrir. On lui offre même une nouvelle tente. Nathaniel installe son 3e campement. Sans le savoir, il n’était pas encore au bout de ses peines. Un beau jour où il quitte sa tente pour chercher à manger, il revient en soirée pour trouver un terrain vide. Devant la menace d’un orage violent, il se réfugie temporairement chez un ami, mais il reprend rapidement le chemin de la rue.

Après une nuit fraîche et difficile passée sur des boîtes de carton devant un commerce, il se résigne à demander de l’aide dans un café de rue. Il rencontre alors Mélissa Pominville, intervenante de l’ÉSIL, qui l’amène à La Hutte de Joliette. « Là-bas, je peux dormir. J’ai une place pour aller me reposer. Avant, j’avais toujours mal dans les pieds », indique Nathaniel, qui passaient avant de longues heures à marcher tous les jours.

Depuis ce temps, Mélissa a aidé Nathaniel à mettre de l’ordre dans ses papiers. Il peut désormais recevoir l’aide sociale. Lors de sa rencontre avec l’Hebdo Rive Nord, le jeune homme racontait aussi qu’il était sur le point d’entreprendre une démarche avec le Centre de réadaptation en dépendance, qui opère des bureaux à Joliette et Repentigny, afin de mettre fin à ses problèmes de consommation.

« Je veux avoir un appartement subventionné », affirme celui qui dit avoir également mis un terme à ses mauvaises fréquentations afin de remettre de l’ordre dans sa vie; une longue quête pour laquelle Mélissa Pominville marchera à ses côtés.

 

 

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