La DPJ veut favoriser l’écoute des enfants pour la prochaine année

  • Publié le 15 juin 2022 (Mis à jour le 29 avr. 2025)
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Dans son bilan présenté le 14 juin, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) constate de nouveau une hausse de signalements au cours de 2021-2022. Avec la nouvelle année qui s’amorce, l’institution souhaite miser davantage sur l’écoute des enfants et des adolescents avec le thème « J’aimerais vous dire ».

Encore cette année, la DPJ déplore une augmentation du nombre de signalements dans Lanaudière, équivalant à plus de 11 384 signalements traités, dont 3578 retenus. Selon l’institution, cela représente près de 31 signalements par jour dans la région. Les organismes communautaires se trouvent à être les principaux lanceurs d’alerte, suivis par les acteurs du milieu scolaire.

La directrice de la protection de la jeunesse de Lanaudière, Sylvie Lacoursière, associe cette tendance d’augmentation des signalements à plusieurs éléments pouvant influencer la donne. Mme Lacoursière mentionne par exemple le niveau de pauvreté, la réalité socio-économique d’un territoire ou encore les effets de la pandémie, mais soutient que ce ne sont que des variables hypothétiques. Elle assure toutefois qu’une hausse n’est pas nécessairement une mauvaise nouvelle en soi : « S’il y a des gens qui signalent, c’est qu’ils sont là pour observer et partager le vécu des enfants. »

Les signalements d’abus physiques dominent

Contrairement à l’ensemble de la province qui compte beaucoup de cas de négligence, le tiers des signalements dans Lanaudière concerne les abus physiques, comme c’était le cas l’année précédente. Sylvie Lacoursière ajoute que le sud de la région est particulièrement touché par cette tendance. Toutefois, la directrice souligne qu’après évaluation de la situation, plusieurs de ces cas ont plutôt été qualifiés de négligence. « Des abus physiques vont souvent être des gestes qui vont être commis de façon circonstancielle et qui vont être corrigés parce qu’un parent va prendre les moyens pour ne plus agir ainsi », déclare Mme Lacoursière. Elle ajoute que de nouveaux arrivants peuvent aussi poser des gestes contraires aux droits de protection de la jeunesse puisqu’ils ne connaissent pas ces lois. Cependant, une fois sensibilisés, la directrice observe qu’ils parviennent à résorber ces comportements.

Malgré ce nombre important de signalements, 53% des enfants qui sont pris en charge par la DPJ sont suivis à même leur milieu de vie. « Il y a une croyance populaire qui dit que parce que la DPJ intervient, les enfants sont retirés du milieu. Ce n’est pas du tout la réalité », indique Mme Lacoursière.

L’organisation, qui est responsable de la Loi sur le système de justice pénale des adolescents, a également présenté les cas de jeunes âgés de plus de 12 ans qui ont commis des délits. En tout, 259 situations ont été évaluées par un professionnel pour décider d’une orientation et dans la plupart de celles-ci, des sanctions extrajudiciaires ont été appliquées. La DPJ compte 163 peines ayant été purgées dans la collectivité contre 10 peines comportant une mise sous garde, et ce, en majorité par des garçons.

Sylvie Lacoursière termine en assurant que la DPJ mettra les bouchées doubles dans l’avenir pour porter une attention plus posée sur l’avis des enfants : « En les écoutant, nous allons y arriver beaucoup plus efficacement que si nous les laissons à l’écart des décisions. »

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